L'Antiquité n'a pas dit son dernier mot.

Ulysse revient au cinéma ? Très bien. Mais il serait dommage de s’arrêter au générique.

Chez Æthalidès, les héros de l’Antiquité continuent de faire parler d’eux : la nymphe Calypso pleure Ulysse après son départ dans Cher Ulysse de Nicolas Pineau (lauréat du prix François Coppée de l’Académie française), Achille s’apprête à reprendre les armes à la rentrée sous la plume d’Alain André, la guerre de Troie se rejoue au féminin dans La Chienne, version Thelma & Louise de L’Iliade. Et avec La Cigale par les ailes Nicolas Pineau suit la réception de la pensée de Zénon d’Élée à travers ses surnoms reçus au cours du temps : Cruel Zénon, Palamède d’Elée, Amphotéroglôsse

Parce que les grands mythes ne se répètent pas : ils se réinventent.

Et si l'histoire d'Ulysse commençait après son départ ?

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Cher Ulysse

poésie de Nicolas Pineau

Le saviez-vous? Ulysse est resté plus de sept ans avec la nymphe Calypso sur son île avant de la délaisser pour rejoindre Ithaque et sa femme Pénélope. Chez Homère, ce passage ne dure que sept pages dans l’Odyssée.

Dans Cher Ulysse, Nicolas Pineau redonne la parole à Calypso qui adresse des lettres orales à Ulysse, après son départ. La nymphe tente de se reconstruire, de reprendre possession de son île et ne cesse de s’interroger : sur sa langue à elle, mixte d’humain et de divin, sur la marche du temps, sur l’ordre établi par les dieux… Autant d’adresses d’un personnage délaissé par Homère qui viennent nous chercher au plus près de notre divine humanité.

Extrait

Cher Ulysse,

Si j’avais des larmes, mon Roi, des larmes de Méditerranée, à répéter tous les chagrins. Je les pleurerais. Je serais phare comme l’Ætna. Je montrerais leur peine aux voyageurs. Je me jetterais au pied des défunts. J’accomplirais le simulacre humain. Je hurlerais.

Si j’avais des larmes Ulysse, dont le fond de mes yeux pourrait s’emplir.

Une relecture de la guerre de Troie, à hauteur d’hommes… et surtout de femmes

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Notre Achille

Roman de Alain André

Et si Achille n’était pas le héros que l’on croit ? Avec Notre Achille, Alain André propose une relecture de la guerre de Troie, à hauteur d’hommes… et surtout de femmes. Loin de l’épopée héroïque, ce récit choral donne la parole à celles et ceux que l’histoire oublie : Briséis, captive et amante contrainte ; Automédon, le conducteur de char lucide ; Alcimos, fidèle écuyer ; Rhéa, esclave obstinée à survivre. À travers leurs voix entremêlées, Achille se révèle dans toute sa complexité — non plus figure lointaine, mais présence humaine, fragile et contradictoire.

Une perspective féministe contemporaine de « L’Iliade »

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La Chienne

Roman de Olivier Massé

La Chienne est un récit intimiste intemporel qui s’inspire de Hélène et de la guerre Troie : les noms des héros sont effacés, afin de ne pas ressasser une épopée bien connue mais au contraire laisser surgir la source inépuisable de sa pertinence.

Une femme parle. C’est la voix d’une femme entre deux maris, entre deux mondes, une femme qui a quitté un enfermement pour un autre. Recluse entre quatre murs, elle consigne ses pensées sur une tablette d’argile. Lorsqu’elle n’est pas cloîtrée dans sa chambre, elle affronte les calomnies de sa nouvelle famille et en s’affichant sur les hauteurs de la citadelle. Par delà les remparts, elle peut ainsi observer « les autres », « les voyous », qui assiègent la ville pour reprendre la femme infidèle.

(Re) Découvrez Zénon d'Elée à travers l'histoire de ses surnoms

De sable plain- La cigale par les ailes

La Cigale par les ailes

essai de Nicolas Pineau

Le récit de la réception de la pensée de Zénon d’Élée, philosophe polémiste, souvent apostrophé par ses commentateurs, qui fait l’objet depuis l’antiquité d’un « procès de parole » sans précédent dans l’histoire des idées.

…Par le prisme des surnoms reçus au cours du temps : Cruel ZénonPalamède d’EléeAmphotéroglôsse… Invectives, louanges et blâmes prolifèrent autour de Zénon d’Elée, dessinant en creux la réception d’une pensée atypique, toujours fortement investie.

Dans cet essai littéraire, l’auteur convoque une lignée d’œuvres insoupçonnée, de Platon à Gilles Deleuze, en passant par Paul Valéry et Samuel Beckett.