Le livre en quelques mots
Le récit d’une enfance et adolescence écorchée
Difficulté d’une adaptation sociétale parce qu’aliénante, dans laquelle l’autorité éducative n’a pas le souci d’écouter et d’aimer l’être qu’elle cherche à éduquer
Un poème sans ponctuation façon « working class hero »

L’humour pour arme et pour riposte
Une rage sublimée par l’humour affleurant à chaque ligne
Le livre le plus percutant de Christophe Esnault
Un « témoignage » enveloppé de fiction qui parlera à tous les lecteurs
À la confluence de Louis Calaferte, de Edward Bunker et de Bérurier noir
On en parle
Parfois léger, souvent rageur, l'auteur y conspue une société libérale dans laquelle il ne se reconnaît pas, tout en se méfiant des "anarchistes" et autres "autonomes", ces derniers reproduisant les mêmes tares, les mêmes schémas. Le trivial côtoie ainsi de riches images, avec un sens inné du décalage. Evoquons aussi "l'hilarité confite" propre à Esnault, sorte d'auto-dérision permanente, riche d'une amertume savamment dosée. Mélancolique, acerbe, mais drôle et parfois lyrique, "Pas même le boucher" s'impose comme un livre original, sans concession.
L'adolescence empêchée, emprisonnée dans ces institutions sans secours, capturée dans ses échappatoires — drogues, lecture et écriture. La rage, la vie jusqu'au désir d'en finir. Un long poème, un cri pour comprendre comment on se construit sur les refus, sur le désir d'amour perpétuellement dénié, sur l'intégration par la picole, la fumette, les conneries. Parlant, semble-t-il, pas seulement de sa seule expérience, Christophe Esnault livre une fiction d'une immense puissance émancipatrice, donne voix à une révolte qui n'occulte ni ratage ni impasse. Lisez Pas même le boucher.
Pas même le boucher : dépucelez-moi tout ça ! N’est-il pas chanceux celui qui se noie tout entier dans les sinuosités de l’adolescence ? De sa douleur, il tire le plus brutal des enseignements : la vie est injuste, et c’est tant pis. Évidemment, vous en conviendrez, il n’y a rien de plus intolérable pour un enfant que d’avoir à trouver un employeur. (...) La poésie de Christophe Esnault se déploie toute en digressions et aller-retours successifs entre l’affect et le souvenir précis d’une réalité pas si lointaine, toujours à la recherche d’une forme de justesse d’énonciation. Ce qui est dépeint à chaque strophe s’ajoute à la masse du texte (et des autres ouvrages de l’auteur) comme autant de confessions prises sur le vif, moments épars, éclairs de lucidité sur une condition d’homme de la marge qui se plaît dans son rôle de scribe, à consigner la vie dans ses anfractuosités inavouables.
L'auteur

Christophe Esnault
Né en 1972, Christophe Esnault vit à Chartres. Il développe une œuvre fragmentaire et incarnée, portée par un humour parfois très noir et une pensée critique. Ses textes interrogent un monde devenu irrespirable, auquel il oppose le rire, la joie et l’espace amoureux.
Auteur de plus de vingt livres et très présent en revues, il a notamment publié aux éditions Æthalidès Lettre au recours chimique, Pas même le boucher et Si le vin ne te rend pas génial, essaie une autre bouteille.
En 2006, il cofonde avec Lionel Fondeville Le Manque, un projet littéraire, musical et cinématographique à l’origine de plus de 230 films, clips et « haïklips ». Son œuvre a suscité de nombreux échos critiques, du Matricule des anges à la NRF, en passant par Libération et Art Press.





